En fait, j'ai eu l'idée grâce au billet précédent... comme quoi...
Je suis une grande amoureuse de la langue française, et aussi et surtout de littérature...
J'ai donc décidé de vous faire partager régulièrement, des poèmes, textes, extraits qui me touchent, m'émeuvent, me font sourire...
Et on commence donc tout de suite avec Stances à Marquise de Pierre Corneille...
d'où l'idée grâce au billet précédent... si vous avez eu le courage de tout lire, vous comprenez...
Bref...
Ce poème est jubilatoire !
Enfin, moi j'adore...
Dans la lignée de Ronsard et du Carpe Diem, mais avec en plus, ce que je trouve jubilatoire justement, un petit côté "prends ça dans ta tête Marquise"... un vrai bonheur... enfin, pour moi en tout cas.
Pour vous remettre dans le contexte :
Marquise, c'est Marquise-Thérèse de Gorla, dite Mademoiselle du Parc, une comédienne de la troupe de Molière. Elle est belle et talentueuse.
Corneille la courtise, mais Marquise reste insensible aux charmes vieillissants de Corneille.
Corneille l'a comme qui dirait en travers de la gorge... et ça donne donc ce petit bijou qui est à ce jour mon poème préféré.
Stances à Marquise
Marquise si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.
Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront,
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.
Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits
On m'a vu ce que vous êtes
Vous serez ce que je suis.
Cependant j'ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n'avoir pas trop d'alarmes
De ces ravages du temps.
Vous en avez qu'on adore;
Mais ceux que vous méprisez
Pourraient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.
Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu'il me plaira de vous.
Chez cette race nouvelle,
Où j'aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu'autant que je l'aurai dit.
Pensez-y, belle Marquise.
Quoiqu'un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu'on le courtise,
Quand il est fait comme moi.
Pierre Corneille, 1658
Voilà pour aujourd'hui...
Je pense déjà savoir quel sera le prochain extrait de cette série que je baptise "Culturons-nous"...
Suspens....









